Votre fichier d’adhérents contient des noms, des adresses, des numéros de téléphone, des emails, parfois des dates de naissance ou des certificats médicaux. Vous envoyez des emails de communication, vous publiez des photos sur les réseaux sociaux, vous conservez des historiques de cotisations.
Toutes ces données sont des données personnelles au sens du RGPD. Et votre association, même bénévole, même sans budget, est responsable de leur protection.
Le RGPD s’applique à toutes les associations
Le Règlement Général sur la Protection des Données ne distingue pas les entreprises des associations. Toute structure qui collecte, stocke ou utilise des données personnelles est concernée, quelle que soit sa taille (source : CNIL).
Concrètement, dès que vous tenez un fichier d’adhérents — même un simple tableau Excel — vous êtes soumis au RGPD.
Ce qui a changé avec le RGPD
Avant le RGPD (entré en application le 25 mai 2018), les associations devaient déclarer leur fichier d’adhérents à la CNIL. Cette déclaration a été supprimée. En contrepartie, les associations sont désormais pleinement responsables des données qu’elles traitent (source : Associations.gouv.fr).
Ce n’est plus “je déclare et je suis tranquille”. C’est “je suis responsable et je dois pouvoir le prouver à tout moment”.
Les 6 principes à respecter
Le RGPD repose sur six principes fondamentaux que chaque association doit appliquer.
1. Licéité : une base légale pour chaque traitement
Vous devez avoir une raison légitime pour collecter et utiliser les données. Pour une association, les bases légales les plus courantes sont :
- L’exécution du contrat d’adhésion : vous avez besoin du nom et de l’email de l’adhérent pour gérer son inscription
- L’intérêt légitime : vous envoyez des actualités sur la vie de l’association aux adhérents
- Le consentement : vous publiez des photos d’adhérents sur les réseaux sociaux
2. Limitation des finalités
Les données collectées pour la gestion des adhésions ne doivent pas être réutilisées pour un tout autre objectif. Vous ne pouvez pas, par exemple, transmettre votre fichier d’adhérents à un partenaire commercial sans le consentement explicite des personnes concernées.
3. Minimisation des données
Ne collectez que ce dont vous avez réellement besoin. Si vous gérez un club de randonnée, avez-vous besoin du numéro de sécurité sociale de vos adhérents ? Non. Chaque donnée collectée doit être justifiée par une nécessité concrète.
4. Exactitude
Les données doivent être tenues à jour. Un adhérent qui a déménagé ou changé de numéro de téléphone doit pouvoir mettre à jour ses informations. Facilitez cette démarche.
5. Limitation de la conservation
Vous ne pouvez pas conserver indéfiniment les données de vos anciens adhérents. La CNIL recommande de supprimer les données des adhérents 3 ans après la fin de leur adhésion (source : CNIL - Guide associations). Au-delà, les données doivent être anonymisées ou supprimées.
6. Sécurité
Les données doivent être protégées contre les accès non autorisés, la perte ou la destruction. Un fichier Excel d’adhérents stocké sans mot de passe sur un ordinateur partagé ne répond pas à cette exigence.
Le registre des traitements : votre document de référence
Toute association qui traite des données personnelles doit tenir un registre des traitements. Ce registre documente quelles données vous collectez, pourquoi, combien de temps vous les conservez, et qui y a accès.
Contenu du registre
Pour chaque traitement (gestion des adhésions, envoi de newsletters, publication de photos…), documentez :
| Élément | Exemple |
|---|---|
| Finalité | Gestion des adhésions annuelles |
| Base légale | Exécution du contrat d’adhésion |
| Catégories de données | Nom, prénom, email, téléphone, adresse |
| Destinataires | Bureau de l’association, trésorier |
| Durée de conservation | Durée de l’adhésion + 3 ans |
| Mesures de sécurité | Accès restreint par mot de passe |
La CNIL propose un modèle de registre simplifié adapté aux petites structures sur son site. Remplissez-le une fois, mettez-le à jour quand un nouveau traitement est créé, et conservez-le.
L’information des adhérents : ce que vous devez leur dire
Lors de l’inscription, chaque adhérent doit être informé de manière claire et accessible :
- Quelles données sont collectées
- Pourquoi elles sont collectées
- Combien de temps elles seront conservées
- Quels sont ses droits (accès, rectification, opposition, effacement)
- Qui contacter pour exercer ces droits
Cette information peut figurer sur le bulletin d’adhésion, dans le règlement intérieur, ou dans une page dédiée de votre application.
Les droits des adhérents
Vos adhérents disposent de plusieurs droits qu’ils peuvent exercer à tout moment :
- Droit d’accès : “Quelles données avez-vous sur moi ?”
- Droit de rectification : “Mon adresse a changé, veuillez la corriger”
- Droit d’opposition : “Je ne veux plus recevoir vos newsletters”
- Droit à l’effacement : “Supprimez toutes mes données” (sous réserve d’obligations légales de conservation)
- Droit à la portabilité : “Transmettez-moi mes données dans un format réutilisable”
Quand un adhérent exerce l’un de ces droits, vous devez répondre dans un délai d’un mois.
Les cas concrets qui posent problème
Les photos et vidéos
Publier des photos d’adhérents sur les réseaux sociaux, le site web ou l’application de l’association nécessite leur consentement. Ce consentement doit être libre, spécifique et documenté.
La bonne pratique : inclure une clause de droit à l’image dans le bulletin d’adhésion, avec une case à cocher séparée (pas noyée dans les conditions générales). Et prévoir un moyen simple pour retirer ce consentement.
Pour les photos de mineurs, l’autorisation des deux parents est nécessaire.
Le partage du fichier d’adhérents
Le fichier des adhérents ne doit être accessible qu’aux personnes qui en ont besoin pour exercer leurs fonctions (source : CNIL). Le trésorier a besoin des coordonnées pour gérer les cotisations. L’entraîneur a besoin des présences. Mais tous les bénévoles n’ont pas besoin d’accéder à l’ensemble du fichier.
Limitez les accès en fonction des rôles. Avec une application comme Asso en Direct, les rôles et permissions peuvent être configurés pour que chaque membre du bureau accède uniquement aux données nécessaires à sa mission.
Les emails de communication
L’envoi d’emails de communication aux adhérents est légitime au titre de l’intérêt légitime de l’association. En revanche, l’adhérent doit pouvoir se désabonner facilement. Un lien de désinscription doit figurer dans chaque email.
Pour la prospection auprès de non-adhérents (invitations à des portes ouvertes, par exemple), le consentement préalable est nécessaire.
Les sanctions : que risquez-vous vraiment ?
Les sanctions prévues par le RGPD peuvent aller jusqu’à 20 millions d’euros ou 4% du chiffre d’affaires pour les infractions les plus graves. En pratique, la CNIL adapte ses sanctions à la taille de la structure.
Pour une association, le risque principal n’est pas l’amende record. C’est :
- La plainte d’un adhérent mécontent (ex-membre qui demande la suppression de ses données et ne l’obtient pas)
- L’atteinte à la réputation en cas de fuite de données
- La perte de confiance des adhérents et des partenaires
La CNIL a mis en place un réseau de délégués territoriaux qui peuvent accompagner les associations dans leur mise en conformité.
Plan d’action pour se mettre en conformité
Voici un plan en 5 étapes, réalisable en quelques heures :
1. Lister vos traitements de données (1 heure) Identifiez tous les fichiers, tableurs, applications qui contiennent des données personnelles : fichier adhérents, liste de diffusion email, photos, etc.
2. Remplir le registre des traitements (1 heure) Pour chaque traitement, documentez les informations essentielles (voir tableau ci-dessus).
3. Vérifier les durées de conservation (30 minutes) Supprimez les données des anciens adhérents de plus de 3 ans. Mettez en place un rappel annuel pour cette purge.
4. Rédiger la mention d’information (1 heure) Préparez le texte qui informera vos adhérents de la collecte et de l’utilisation de leurs données. Intégrez-le au bulletin d’adhésion et publiez-le dans votre application.
5. Sécuriser les accès (30 minutes) Vérifiez que seuls les membres du bureau qui en ont besoin accèdent au fichier adhérents. Protégez les fichiers par mot de passe. Évitez les envois de fichiers en pièce jointe non sécurisée.
Ce qu’il faut retenir
Le RGPD n’est pas un obstacle bureaucratique. C’est un cadre de bon sens qui protège vos adhérents et renforce la confiance dans votre association. La mise en conformité est accessible, même pour une petite structure bénévole, et les outils modernes facilitent grandement le respect de ces obligations.
Votre application Asso en Direct contribue à la conformité RGPD : les données sont hébergées de manière sécurisée, les adhérents n’ont pas besoin de créer de compte avec des données personnelles pour accéder au contenu, et les permissions d’accès au back-office sont gérées par rôle.
Vous souhaitez une communication conforme et sécurisée avec vos adhérents ? Réservez votre démo et découvrez les garanties de protection des données d’Asso en Direct.
Cet article fait partie de notre Guide pour associations.